La rupture des spaghettis : torsion et flexion !

Dans le chapitre de notre ouvrage sur le saut à la perche (p.226), nous avons proposé une expérience bien élémentaire qui consiste à casser un spaghetti cru que l’on courbe fortement et qui se casse en plus de deux morceaux en éjectant énergiquement les bouts arrachés ; cet effet est rencontré parfois par un perchiste malchanceux !

Ce problème posé (et non résolu) par très grand savant Richard Feynman a été compris par deux physiciens parisiens, Basile Audoly et Sebastien Neukirch, comme étant dû à l’onde de flexion se propageant le long du spaghetti qui est induite par l’amorçage d’une première fissure.

propagation d’ondes de flexion (B.Audoly / S.Neukirch)

Un lecteur bostonien attentif, Mike Woolf, nous a signalé que la rupture en deux se produisait aussi, comme la montré une recherche très récente dune équipe au MIT où les spaghettis se coupent en deux bouts seulement. Etait-ce une erreur de nos deux jeunes  ? Nenni ! les nouveaux chercheurs ont prolongé l’effet de la courbure initiale en appliquant une forte torsion aux deux extrémités du spaghetti.

L’explication théorique subtile donnée est que si la torsion est suffisante, la propagation de l’onde de torsion évacuera suffisamment d’énergie pour limiter les fractures qui suivent l’amorçage de la première craquelure.

Au delà d’intrigantes observations et de controverses amusantes, de telles recherches sur des tiges élastiques sont très utiles pour de nombreux exemples de ruptures de tiges élastiques dans des domaines et à des échelles très différentes

http://news.mit.edu/2018/mit-mathematicians-solve-age-old-spaghetti-mystery-0813

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