le livre

 Qu’y a-t-il de si fascinant dans la forme de la tour Eiffel ?
Les iridescences de la nacre sont-elles la clé de sa solidité ?
Comment l’archet fait-il chanter la corde d’un violon ?
Pourquoi les bifaces ressemblent-ils aux plus beaux de nos diamants ?
À quoi tient l’élégance du drapé d’une robe ?

Vous en avez peut-être eu l’intuition en admirant l’intrigante structure de la tour Eiffel, les motifs que dessinent les argiles en se craquelant, un nid d’oiseau, le bord ondulé d’une feuille de salade, voire l’extrême courbure de la perche, prête à rompre, juste avant de propulser le sauteur dans les airs : derrière les objets qui émaillent notre quotidien se cache une étrange beauté… Elle semble le fruit d’un ordre naturel ou voulu, d’une organisation sous-jacente, mais aussi d’une fonction que nous percevons sans toujours parvenir à en saisir le sens.
L’objectif poursuivi dans ce livre largement illustré est de révéler cette beauté, en réapprenant à voir le monde qui nous entoure. Il est l’œuvre d’une équipe de chercheurs à l’ESPCI (École supérieure de physique et de chimie industrielles de la ville de Paris), dont les thèmes d’intérêt se situent à la charnière entre la physique des matériaux et la mécanique.
Des combles d’Azay-le-Rideau à la mousse de savon, en passant par la boulette de papier froissé et le pont de liane, les 35 thèmes traités pourraient évoquer quelque inventaire à la Prévert. Il n’en est rien, bien sûr : non content d’incarner un fascinant dialogue entre forme, forces et fonction, ces sujets ont pour point commun l’élégance des formes exhibées, naturelles ou humaines.
Vous pourriez à juste titre vous étonner que la notion d’élégance soit mise en avant dans un livre écrit par des physiciens ! Le terme évoque immédiatement la haute couture – que nous rencontrerons d’ ailleurs dans le livre –, mais aussi l’harmonie, la délicatesse et la sobriété. C’est pourquoi l’élégance fait sens dans bien d’autres domaines : les mathématiciens, par exemple, parlent volontiers d’une démonstration élégante qui permet d’arriver au résultat souhaité par un cheminement suffisamment direct et facile à parcourir: « C’était évident ; encore fallait-il le trouver ! »  En révélant l’élégance cachée dans des domaines variés, nous avons aussi voulu éclairer différemment notre quotidien. Vous l’avez compris, notre ambition est bien de proposer un certain regard, un art d’observer à diverses échelles de taille, du ciron cher à Pascal et à La Fontaine à l’édifice tout entier.
Une précision : le point de départ de ce projet a été la réalisation d’une grande exposition autour du thème Casser-couler (accueillie par la suite au Palais de la Découverte sous le titre Ruptures). C’est sans doute pourquoi nous avons tenu, en participants assidus à la Fête de la science et autres événements de diffusion de la science, à compléter chaque chapitre par une petite expérience illustrée.
Au-delà de cette exposition, notre curiosité nous a poussés à explorer d’autres territoires. Chaque chapitre a souvent été le fruit de rencontres, parfois insolites ou dues au hasard, avec des interlocuteurs venus d’horizons différents : maître plisseur, souffleur de verre, sculpteur sur bois, violoncelliste, artistes et artisans, ainsi que des collègues chercheurs. La richesse de ce livre leur doit beaucoup.
Nous vous invitons à explorer avec nous quelques merveilles cachées de notre quotidien !

Sur ce site vous trouverez des compléments à notre livre : films, liens pertinents, références supplémentaires.

Les auteurs

Étienne Guyon est universitaire. Son appétence pour le partage des savoirs l’a conduit à la direction du Palais de la Découverte, de l’École normale supérieure et des «Petits Débrouillards».

Étienne Reyssat, chercheur au CNRS, aime observer la danse des gouttes et le ballet des pommes de pin (fermées, il va pleuvoir ; ouvertes, il va faire beau), qu’il fait découvrir à tous ceux qui croisent sa route.

José Bico, enseignant-chercheur à l’ESPCI, voue une passion aux gouttes et aux plis. Il aurait même imaginé une expérience d’origami capillaire.

Benoît Roman, chercheur au CNRS, est passionné par les bulles de savon, les déchirures et le froissement. Brevetée, sa « déchirure spirale » vise à en finir avec ces emballages qui ne veulent jamais s’ouvrir.

L’illustratrice

Naïs Coq fait d’abord des sciences à l’ESPCI avec une thèse de doctorat soutenue en 2010 avant de revenir à ses amours premières en intégrant l’EESI d’Angoulême. Elle en sort en 2013 avec un DNAP et jongle depuis avec diverses casquettes, entre illustration scientifique (ou pas scientifique du tout), édition d’articles de recherche, scénario pour des séries animées, et bande dessinée.

Site pro : http://naiscoq.weebly.com