ægagropiles et posidonies

pelotes de fibres posidonies (photo dreamstime)

Dans « Du merveilleux… », Les phénomènes d’enchevêtrements sont illustrés (page 117) par les ægagropiles, des pelotes composées de fibres de Posidonie que l’on peut trouver le long des plages méditerranéennes. Les Posidonies sont des plantes aquatiques qui se fanent en automne et libèrent alors sur les fonds marins une grande quantité de fibres. Elles s’emmêlent et se compactent sous l’action des courants et des vagues avant de se déposer sur les plages sous forme de pelotes compactes.

La tomographie par Rayons X présentée dans la vidéo suivante (tirée de l’article (Structure and mechanics of aegagropilae fiber network de G. Verhille, S. Moulinet, N. Vandenberghe, M. Adda-Bedia, et P. Le Gal permet de voir par tranches successives la structure en volume de ces pelotes :

On constate que la densité des fibres croit lorsqu’on va du cœur de la pelote vers la périphérie et renseigne sur le mécanisme de l’enchevêtrement.

Cette étude, comme le suggèrent les auteurs, ouvre des perspectives pour la manufacture de matériaux constitués de fibres enchevêtrées

http://www.pnas.org/content/114/18/4607

(rédigé avec l’aide de P.Le Gal et S. Moulinet)

Des toiles d’araignées au palais de Tokyo (Paris)

Il y a actuellement une très surprenante exposition au palais de Tokyo de l’artiste Tomás Saraceno, On Air.  Cet artiste est fasciné depuis son enfance par l’architecture des toiles d’araignées, qu’il nous invite à regarder littéralement sous une lumière nouvelle.

En effet, la première salle de l’exposition, entièrement plongée dans le noir, montre une série de fragiles toiles qui sont les seuls éléments éclairés, fils blancs sur fond noir:  sortis de leur contexte de grenier, ces objets nous apparaissent alors comme des structures vraiment remarquables.

Si nous avons dans le livre parlé surtout de la mécanique des différents fils, ici on peut prendre la mesure de la diversité étonnante des structures fragiles, car ces toiles mixtes ont été bâties de façon collaboratives par des araignées d’espèces différentes. Etonnant !

 

 

Une autre forme de voute en coque inversée

Le chapitre intitulé les voutes d’Azay le Rideau présente en dernière partie – un navire à l’envers –l’usage de bateaux  de pêche renversées pour recouvrir des pittoresques habitats de ce village du Pas de Calais  Equihen plage, baptisé le pays des quilles en l’air.

Et bien, cette structure très typée en coque inversée a aussi une origine bien plus ancienne et sans rapport direct avec une coque de bateau.

Elle est l’œuvre d’un architecte de la renaissance, Philibert Delorne. On retrouve encore des exemples de ces voutes aussi dites de toit en carène ou de charpente à la Philibert Delorne (chercher sur la toile : voute a la philibert)

J’ai pu faire visiter à un de vos auteurs un exemple d’une telle voute dans un village proche de chez moi sur la cote normande. Que ce soit la vue de l’extérieur ou de l’intérieur auquel les propriétaires nous ont aimablement donné accès, cette voute qui ouvre l’espace intérieur mérite bien ce qualificatif d’élégance que met en avant votre livre .

De façon un peu plus technique cette construction de voute évite d’avoir recours à de grandes poutres qui étaient rares mais sont réalisées à partir d’arbalétriers (décrits dans votre ouvrage) courts et cintrés .Le problème majeur reste celui de la pose des tuiles sur le toit.

Philippe O.

Conférence expérimentale à Rennes (le 25 septembre 2018)

Nous avons présenté une conférence expérimentale le mardi 25 septembre 2018 à 20:30,  Salle Hubert Curien, aux Champs Libres à Rennes

Comment réapprendre à voir le monde ?